A Strasbourg, les chiens pour lutter contre le stress des étudiants

Francois Willmann· 24 mars 2026 à 08:45
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Un mercredi par mois, des étudiants de l’Université de Strasbourg bénéficie de séances de médiation animale. Un contact avec un groupe de chiens pour faire baisser le stress des études.

À écouter

Une bulle de calme au cœur de l’université

« Vous avez le droit de toucher, de papouiller, de câliner », lance Andrea Dieht-Klimek en accueillant le petit groupe. Dans la pièce, Cip et Titus — un chihuahua de 10 ans et un cobberdog australien de 3 ans — circulent librement, disponibles pour des caresses et des regards complices. Ici, pas de performance à tenir, pas de discours à préparer : on s’assoit sur un tapis, on respire, et on se laisse rencontrer. Une parenthèse simple, chaleureuse, et pourtant précieuse dans des emplois du temps souvent sous tension de ces étudiants. Des séances proposés au sein du service de santé étudiant de l'Université de Strasbourg.

La médiation animale, un lien à trois qui libère la parole… ou le silence

Andrea, l'intervenante, résume la démarche avec clarté : « La médiation animale, c’est la mise en présence de trois êtres vivants : l’animal, le bénéficiaire et l’intervenant. » L’animal n’est pas thérapeute, mais un facilitateur de relation, capable de provoquer des échanges verbaux ou non verbaux. « L’idée, c’est de créer un lien, une communication à trois », explique-t-elle, soulignant que cette approche peut aussi convenir à des personnes peu à l’aise avec les mots, ou à celles qui en sont privées.

Dans l’atelier, les consignes sont douces et ludiques : « Assis, patte », « touche », « cherche ». Les étudiants participent, encouragent, observent. Et, sans s’en rendre compte, ils se reconnectent à une forme de présence attentive, guidée par la curiosité et la tendresse.

Point clé : « Avec l’animal, vous ne pouvez qu’être dans l’instant présent. » Une pause mentale qui coupe avec le “avant” et le “après”, et ramène au “maintenant”.

Moins de stress, plus de sensations : le corps reprend sa place

Pour une étudiante, l’effet est immédiat : « Je suis une personne très anxieuse et du coup, ça m’aide à mettre de côté les problèmes. » Le contact, le fait que l’animal vienne vers elle, devient un appui rassurant : « Quelqu’un qui peut nous comprendre et sentir ce qu’on ressent sans devoir le dire. » Dans une période où tout s’analyse, se planifie et se justifie, cette relation sans jugement agit comme un relâchement profond.

Une autre participante met des mots sur ce que beaucoup vivent : « Quand on a un rendez-vous avec un infirmier ou une personne psychologue, on va parler de nos problèmes… Alors que quand on est avec un animal, on n’a pas besoin de mettre des mots dessus. » Elle insiste sur « le côté émotionnel », « l’aspect sensible », souvent relégué au second plan. Ici, le ressenti redevient un langage à part entière.

Apprendre à lire le chien, pour mieux prendre soin du lien

Ces séances ne sont pas qu’un moment “mignon” : elles invitent aussi à une responsabilité. Andrea le rappelle : « Ça ne peut vous faire du bien que si vous leur faites du bien en retour. » Observer les signaux, respecter l’espace, comprendre l’état du chien : « Apprendre à lire le chien pour avoir une meilleure relation avec lui », dit-elle. Une manière de développer l’attention à l’autre, tout en renforçant la sécurité et le confort de l’animal.

Cette médiation, Andrea la propose aussi à des seniors en EHPAD, preuve que le besoin de lien et d’apaisement traverse les âges. À Strasbourg, l’initiative dessine un horizon simple : prendre soin de la santé mentale peut aussi passer par une présence vivante, douce et sincère. Et parfois, il suffit d’une patte tendue pour se sentir à nouveau à sa place.

#Mieux être#Strasbourg