A Strasbourg, le baby-foot, un sport de loisir et de compétition

Francois Willmann· 16 mars 2026 à 07:00
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Le baby-foot se pratique, évidemment, dans les bars entre amis. Une discipline également compétitive. Des passionnés s’entrainent dur comme à Hœnheim dans le seul club alsacien.

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Un baby-foot qui se travaille comme un sport

Au gymnase de Hœnheim, on est loin de la partie improvisée du samedi soir. Les joueurs se concentrent, répètent, ajustent leurs gestes, comme dans n’importe quel entraînement. « On fait des gammes, on fait des gammes, on fait des gammes », résume l’un des encadrants, avant de rappeler l’étape suivante : tester ces automatismes « quand il y a quelqu’un en face ». Ici, la précision compte, mais l’envie de progresser aussi.

Deux à trois fois par semaine, les membres du club Baby-foot associatif du Bas-Rhin (BAB) se retrouvent autour des tables. Un rendez-vous régulier qui donne un cadre, une énergie, et un objectif commun : jouer mieux, ensemble. Le baby-foot devient alors un sport à part entière, accessible et exigeant, où chacun avance à son rythme.

Le seul club d’Alsace, avec l’ambition de viser haut

Particularité : il s’agit du seul club proposant cette discipline en Alsace. Une singularité qui attire des profils variés, du joueur loisir au compétiteur aguerri. Certains participent à des compétitions nationales, et même internationales, preuve que la passion locale peut ouvrir de grandes portes.

René Kurtz, président du club, raconte cette double identité avec simplicité : « On a des joueurs qui ne viennent que pour le loisir… et d’autres, c’est plus compétition. » Deux façons d’aimer la même activité, réunies dans un même lieu. Et une certitude partagée : « Ça ne veut pas dire qu’ils ne s’amusent pas, ils s’amusent aussi, heureusement. »

Point clé : les membres se réunissent plusieurs fois par semaine à Hœnheim, et le BAB reste le seul club de baby-foot en Alsace.

Des gestes techniques… et des styles pour chacun

Au baby-foot de compétition, chaque détail compte : la tenue de la poignée, l’angle, la vitesse, la lecture du jeu. René Kurtz détaille les grands styles de tir : le jeu « traditionnel français » en « main fermée » avec le poignet, le « snake » « très rapide » — et la « main ouverte », plus puissante. « Chacun a sa préférence. Moi, je joue à l’ancienne », sourit-il, fidèle à la main fermée.

Sur les tables, les joueurs enchaînent les répétitions, comme des gammes musicales. Un adhérent explique son travail du moment : « J’essaye de faire une tirée… et une poussée dans la garde, en croisé. » Une manière de montrer que derrière l’objet familier se cache un vrai terrain d’apprentissage, où l’on progresse en affinant son geste.

Un club intergénérationnel où l’on vient aussi pour souffler

Au-delà de la performance, le baby-foot agit comme une parenthèse bénéfique après la journée. « Ah oui, c’est un plaisir complet. C’est une dépense. En plus de ça, c’est un jeu », confie un joueur, qui revendique une approche légère et joyeuse. L’ambiance, elle, se construit au fil des échanges et des parties.

Le club réunit plusieurs générations, et c’est l’une de ses forces. « Actuellement, notre vétéran a plus de 70 ans… il joue encore très bien. Il a du réflexe, c’est incroyable », raconte-t-il, admiratif. Et souvent, les séances sérieuses se prolongent naturellement : des moments de partage « autour d’un verre ou d’un repas » qui renforcent l’esprit d’équipe.

À Hœnheim, la compétition n’efface pas la convivialité : elle la structure et la stimule. Une belle idée à retenir pour tous ceux qui cherchent une activité accessible, fédératrice et motivante : pousser la porte d’un club, et laisser une simple balle de liège créer du lien.

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