La médiathèque de Strasbourg-Neudorf propose un espace baptisé l’artothèque. Le principe est simple : comme pour des livres, il est possible d’emprunter des œuvres d’art à mettre chez soi.
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Une galerie… qui se glisse dans la vie de tous les jours
Au premier étage de la médiathèque du Neudorf, l’entrée donne le ton : murs blancs, lumière douce, tableaux qui attirent l’œil. Ici, pas besoin d’être connaisseur pour franchir la porte. L’artothèque de Strasbourg propose un geste aussi naturel qu’emprunter un roman : choisir une œuvre et l’emporter chez soi.
« Une artothèque, c'est un lieu de diffusion de la création contemporaine », résume Marie Kozmick, chargée des collections et des médiations. Sa mission est claire : « rendre la création contemporaine accessible à un maximum de personnes ». Une promesse qui transforme la curiosité en expérience.
1 200 œuvres à portée de main, pour particuliers et collectivités
Le cœur du projet, c’est le prêt. À Strasbourg, l’artothèque met à disposition « un peu plus de 1200 œuvres », principalement en deux dimensions : dessins, photographies et estampes. « Estampe, ça va être ce qui est des multiples, sérigraphie, gravure », précise Marie, qui évoque aussi des techniques inattendues, du collage à la broderie.
Et le public est vaste : particuliers, classes, étudiants, structures sociales ou du handicap… « vraiment un panel très très large de publics ». L’art devient alors un compagnon de route, qui circule d’un lieu à l’autre, d’une salle de classe à un salon, au rythme des projets et des envies.
Toucher, choisir, emporter : un nouveau rapport à l’œuvre
Ce qui change tout, ici, c’est la proximité. « L’avantage d’une artothèque, c’est qu’on peut toucher les œuvres », explique Marie. On manipule surtout les cadres, mais ce simple geste suffit à faire tomber une barrière invisible : l’art n’est plus intouchable, il devient familier.
« Quand on est dans un musée, on ne peut pas toucher », rappelle-t-elle, en contraste avec l’expérience proposée. Emporter une œuvre, c’est aussi l’apprivoiser : « je choisis une œuvre, quelque part, je la ramène chez moi, je la garde pendant deux mois ». La création s’installe alors dans la durée, se révèle jour après jour, à la lumière du matin comme aux soirs d’hiver.
Des techniques surprenantes et des artistes au plus près du public
Dans les rayonnages, les styles se croisent et intriguent. La responsable aime mettre en avant les pièces qui questionnent : une impression sur plastique, des techniques mixtes, et même « des œuvres (…) faites avec du jus de citron brûlé ». De quoi déclencher des discussions spontanées et donner envie d’en savoir plus.
La valorisation ne s’arrête pas au prêt : acquisitions, expositions, ateliers avec des artistes… tout un programme de médiation pour rencontrer la création autrement. Et pour franchir le pas, c’est simple : l’artothèque fait partie du réseau des médiathèques de Strasbourg, accessible avec la carte Passerelle, « gratuite depuis le début du mois de janvier ».
À l’artothèque, l’art n’attend pas qu’on vienne à lui : il se prête, se partage et s’invite dans les maisons, les écoles et les lieux de vie. Une belle idée à adopter, pour se donner chaque jour une chance de regarder le monde autrement.

