Installé au sein du Parc de l’Orangerie à Strasbourg, l’espace Mikado vient d’ouvrir ses portes. Il recueille de nombreux animaux de laboratoire pour leur offrir une belle fin de vie.
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Une arche urbaine pour repartir du bon pied
Ils s’appellent Herbert et Léonard, deux cochons Yucatan de deux ans, et ils profitent désormais du soleil strasbourgeois. Avec eux, six grands lapins ont aussi trouvé un nouveau quotidien fait d’espace, de calme et de sécurité. Tous sont accueillis à l’Arche de l’Orangerie, où l’association Ethosph'R vient d’inaugurer l’espace Mikado. L’objectif est simple et profondément positif : offrir une seconde vie à des animaux qui, autrement, n’en auraient pas eu.
Observer pour comprendre, sans chercher le contact
À l'espace Mikado, on ne vient pas « caresser des animaux » : on vient apprendre. Cheyenne Zellenka, responsable du lieu, résume l’esprit de la maison : « Notre mantra, c’est observer pour comprendre. » Ici, l’éthologie — la science du comportement animal — sert de fil conducteur pour sensibiliser autrement, avec respect. « On n’est vraiment pas là pour être en contact avec eux. Il n’y a pas de visite libre », précise-t-elle, pour garantir la tranquillité des résidents.
À la place, Mikado propose un programme utile et accessible : ateliers, animations, conférences, formats adaptés à tous les publics. L’idée est de repartir avec des clés concrètes : mieux lire les signaux d’un animal, comprendre ses besoins, et ajuster nos pratiques au quotidien. Une pédagogie qui donne envie d’agir, sans culpabiliser.
Point clé : Mikado accueille déjà des cochons et des lapins issus de laboratoires, réhabilités pour vivre une retraite sereine.
Réhabiliter plutôt qu’euthanasier : une chaîne de solidarité
Ethosph'R se définit comme une association scientifique : elle réhabilite des animaux et cherche des solutions adaptées, de l’adoption aux refuges, jusqu’à la retraite sur site. « Quand ce sont des animaux domestiques, on peut les faire adopter. On peut chercher des refuges, des fermes pédagogiques », explique Cheyenne Zelenka. Mikado devient alors un maillon essentiel, capable d’accueillir certains animaux sur la durée.
La plupart des résidents ont connu « une première vie en recherche pour l’humain ». Et quand l’expérimentation se termine, une autre voie devient possible. « À la fin des expérimentations, plutôt que d’être euthanasiés, ils sont réhabilités pour la suite de leur vie », souligne-t-elle. Une démarche qui repose sur l’anticipation : les laboratoires contactent l’association en amont, afin de préparer les démarches administratives et l’accueil.
Des lapins géants, des poules demain, et un public mieux informé
Dans les enclos, les lapins alternent siestes et explorations, entre intérieur et extérieur. « On a six lapins… ce sont des grands lapins qui pèsent entre 5 et 6 kilos », détaille Cheyenne, en présentant Lilou, Misty, Mimosa ou encore Pivoine. Un quotidien apaisé, pensé pour répondre à leurs besoins et leur laisser le choix : sortir, se cacher, grignoter, se reposer.
Le lieu se construit aussi avec une logique pragmatique : selon les espèces, l’association peut être contactée par les laboratoires… ou peut les contacter. Pour les poules, par exemple, l’équipe sait qu’elle dispose de l’espace nécessaire et peut proposer une solution : « On peut accueillir des poules… c’est nous qui contactons les labos. » Et au-delà du site, l'association poursuit ses actions avec des partenaires et d’autres espèces, comme les chevaux, pour élargir les questions de bien-être animal.
L'espace Mikado ambitionne désormais d’accueillir de nombreux événements pour sensibiliser à la faune sauvage et au respect du vivant. Une invitation à ralentir, observer, et apprendre — pour que chaque geste du quotidien devienne plus juste. Pour découvrir la programmation, le plus simple est de suivre les activités d’Ethosph'R et de venir pour comprendre.

