Selon l’ONG Oxfam France, l’épargne des Français représente quelque 6000 milliards d’euros. Il s’agit de sommes colossales qui pourraient être au service de la lutte contre le réchauffement climatique. Or, aujourd’hui, notre économie est encore trop carbonée. « Cet argent, qui dort sur votre compte épargne, n’attend pas sagement que vous l’utilisiez. Il est réinjecté dans l’économie et sert à financer bien trop souvent des produits polluants », explique Julian Duplan.
L’épargne peut donc accélérer le réchauffement, souvent à notre insu. Ce jeune entrepreneur, formé en génie civil, a profité du confinement pour se réorienter : « Je voulais absolument avoir un impact positif sur notre planète. Et pour moi, cet impact passe par la finance. »
Invest4Good, premier cabinet de conseil en finances durables des Antilles
Julian Duplan, originaire de Martinique, constate les effets du réchauffement climatique en première ligne. “Les outre-mer sont particulièrement touchés”, dit-il. Typhons, cyclones, montées des eaux… Pour lui, il était urgent d’orienter ses futurs clients vers des placements plus propres, qui encouragent le changement.
“On sent que les partenaires bancaires commencent à s’attaquer à ce problème avec sincérité, mais c’est encore insuffisant”
« Le modèle des banques ne permet pas aujourd’hui aux clients de savoir à quoi sert réellement leur argent. L’argent confié a donc un impact environnemental et social, sans que le client n’en ait vraiment la maîtrise, explique-t-il. On sent que les partenaires bancaires commencent à s’attaquer à ce problème avec sincérité, mais c’est encore insuffisant. »
Pour les particuliers et les entreprises, il existe néanmoins un défi de taille : identifier les placements éthiques et faire les bons choix stratégiques. « C’est là que mon cabinet intervient », explique Julian. Invest4Good est d’ailleurs le premier cabinet de conseils en finances durables dans les Antilles et en Guyane.
Comment faire de son épargne un outil anti-réchauffement ?
La première des choses à faire, c’est de se renseigner. Il est possible de savoir si la banque dans laquelle on a placé son épargne finance ou non des projets pour la transition écologique. Si la réponse est floue, il existe de nombreuses études menées par les ONG et les médias sur les banques les plus polluantes.

« Ensuite, il faut savoir ce qui compte pour nous et mettre notre épargne au service de nos désirs », ajoute Julian. Si l’on a à cœur de participer au financement du recyclage, de la dépollution des océans ou que l’on souhaite simplement aider des agriculteurs à s’installer avec son épargne, c’est possible. « Il suffit d’opter pour l’accompagnement vers les bons fonds d’investissement », explique Julian.
Vous pouvez par exemple trouver sur airzen.fr toute une série de reportages sur le sujet : plans épargnes retraites solidaires, foncières agricoles, banques éthiques et solidaires, coopératives…Il est même possible de calculer directement l’impact environnemental de son épargne.